Le mercredi 22 mars avait lieu la diffusion du documentaire « Nous les G.A » au Figra. La caméra d’une réalisatrice de la région, Marine Place, filme le quotidien des élèves de la première Gestion-Administration du lycée André Malraux de Béthune. Ce documentaire 100 % made in Hauts-de-France brise les clichés concernant les bacs professionnels.

Redonner le goût d’apprendre

Tous les élèves de la filière G.A du lycée André Malraux ont un point commun. Ils sont déboussolés et déçus par le système scolaire. La plupart se sont retrouvés un peu par hasard dans l’une des formations les moins demandées dans les lycées professionnels : la gestion-administration. « Nous récupérons des jeunes abîmés par l’école.»

« Beaucoup sont ici car le collège n’a pas fonctionné pour eux. Pourtant je veux prouver que l’école de la République peut être différente de celle que ces jeunes ont vécue » témoigne Émilie Dhénin, professeur d’histoire-géographie et de français. Elle souhaite redonner aux élèves le goût d’apprendre. Très impliquée, elle est toujours à l’écoute de ses élèves pour les aider à avancer. « Derrière chaque élève se cache un individu avec sa personnalité, ses difficultés et ses problèmes » indique-t-elle. Il est vrai que le quotidien de ces jeunes n’est pas toujours facile. Comme celui de Manon qui a perdu son père des suites d’un cancer.

Plus tard, elle se verrait bien poursuivre une formation de tatoueur. Des rêves, ces jeunes en ont plein la tête, mais en proie à de réelles difficultés, ils se sentent parfois incapables d’y arriver. La perte de la confiance en soi et les solutions pour y remédier figurent au cœur du documentaire. « Il y a un réel travail de légitimité de l’élève dans le cursus scolaire. La plupart pensent que l’école n’est pas faite pour eux. Pourtant ils ont des acquis et des compétences, et nous devons leur redonner la confiance qu’ils ont perdu », précise Émilie Dhénin.

En finir avec les clichés

La réalisatrice, Marine Place, voulait un documentaire qui donne la parole aux jeunes, pour qu’ils puissent mettre des mots sur les maux. Pourtant, le défi était de taille. Les élèves, et même les professeurs, n’arrivaient pas à oublier la présence de la réalisatrice en classe.

Mais très vite, ils se sont prêtés au jeu. Au final, le documentaire est devenu une fierté pour les élèves qui se sont dévoilés à la caméra de Marine Place. Certains y évoquent des clichés sur la voie professionnelle qui ont la peau dure. « Les élèves issus d’un bac professionnel sont souvent considérés comme des cas sociaux ou des racailles » évoque Marianne, une lycéenne.

Cette filière, souvent dépréciée, est pourtant le cursus idéal pour tous ceux qui souhaitent bénéficier d’une première expérience professionnelle. Une réelle complicité s’est installée entre les lycéens dans cette classe. Tous forment une équipe et ensemble ils se sont fixés un objectif : réussir dans la vie. « Aujourd’hui on se sent bien, on a trouvé la force d’avancer et de continuer », résume Manon.

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