Ce 3ème jour de Main Square Festival est un peu particulier. D’ordinaire le 3ème jour est aussi le dernier jour du festival, les festivaliers sont fatigués, tout le monde est plus détendu, satisfait (du moins on l’espère) des nombreux concerts auxquels il a pu assister. Il y a de ça en ce 3ème jour, et pourtant chacun a bien conscience qu’il en reste un 4ème, et l’on sent chez beaucoup une hésitation palpable entre ménager ses forces, ou au contraire montrer aux artistes que l’on est là et bien là.

Il faut aussi prendre en compte une invitée pas vraiment surprise à cette journée de Main Square Festival : la pluie. On se demande bien ce que le festival a fait au ciel, mais ce dernier n’est vraiment pas content. Toute la journée, jusqu’au concert de Stromae, la pluie se mettra à tomber, comme par hasard, au début de chaque concert, avec même un déluge mémorable juste avant l’entrée en scène de Jack Johnson.

En tous cas, avant que les hostilités du jour ne démarrent, il suffit de prendre la route en direction d’Arras pour réaliser ce qu’est une journée « sold out » au Main Square Festival : embouteillages en sortie de l’autoroute A1 et accès difficile au centre ville. On se doute que tout se monde vient pour un concert et un seul : Stromae. Cela nous sera confirmé plus tard. En attendant, nous sommes en retard et ratons les concerts de Anorexic Sumotori et Yodelice. Dommage. On recroisera au moins la route des Lillois de Anoxeric Sumotori, nous en sommes certains !

Nous commençons notre journée de concerts avec Alec Benjamin, jeune prodige venu de l’Arizona, star sur Youtube mais qui n’a pas encore enregistré d’album. Le jeune garçon nous explique que c’est plus ou moins son premier festival et qu’il aime voir ce public sous la pluie car chez lui il ne pleut presque jamais. Naïf et finalement assez touchant, Alec Benjamin fera même une vidéo du public et de lui sur scène pour sa mère. Côté musique, on alterne entre le bon quand il est derrière sa guitare acoustique, et le moins bon sur beaucoup de sons faciles.

www.alecbenjamin.com

Sur la grande scène, on attend déjà le John Butler Trio. Le groupe australien débarque et met rapidement l’ambiance à coups de… banjo et de contrebasse ! Etonnamment, le mélange rock-country-blues proposé par le groupe fait recette auprès d’un public déjà trempé jusqu’aux os et qui tente de se réchauffer. On en redemanderait presque !

johnbutlertrio.com

Un peu par la force des choses, on zappe Arsenal et enchaîne directement sur MGMT. Le groupe new-yorkais propose d’emblée un mélange éclectique mais cohérent des morceaux de ses différents albums. Joué dès le deuxième titre, Time To Pretend se rappelle aux bons souvenirs du public qui hurle et applaudit à tout rompre. Première grosse sensation du jour !

whoismgmt.com

Puis vient Allen Stone, un autre Américain, sur la Greenroom. Dès les premières notes, le concert s’annonce soul à souhait. De par son look et ses attitudes excentrique, le chanteur nous rappellera un peu Boy George. La communication avec le public passe bien, là aussi on se gorge de chaleur humaine à défaut de températures estivales.

allenstone.com

Vers le milieu du concert, on apprend la défaite de la Belgique en coupe du monde de football. Là où la veille on avait croisé de nombreux drapeaux français, aujourd’hui on avait pu voir les spectateurs belges maquillés aux couleurs de leur pays, et il faut bien avouer qu’un petit vent de tristesse et de déception souffle sur la foule où l’on croisera de nombreux yeux rougis.

Est-ce un signe ? Comme la veille après la défaite de la France, un énorme orage s’abat alors sur la Citadelle d’Arras, accompagné de pluies diluviennes.

Lavé de la défaite, le public belge tente péniblement de se réchauffer sur la musique de Jack Johnson en attendant Stromae. Le public français aussi d’ailleurs. Il faut bien avouer que la musique douce du surfeur hawaïen évoque plus les plages de sable fin et les couchers de soleil. Difficile de se projeter quand on a les pieds dans la boue et les membres gagnés par le froid et l’humidité…

jackjohnsonmusic.com

Pour se réchauffer, il fallait en fait choisir d’aller sur la Greenroom où les Mancuniens de The 1975 débarquent avec l’envie d’en découdre. Manchester a accouché d’un nouveau groupe sensation, au moment où l’on fête les 20 ans du premier album d’Oasis. Et on retrouve le même genre d’attitude un rien arrogante chez le jeune groupe que chez les frères Gallagher. Mais comme le tout est au service de la musique (dans une veine très britpop, l’électronique en plus) et de la prestation scénique, le tout passe bien et le public en redemande !

the1975.com

Juste le temps de bien se réchauffer et le moment que tout le monde attendait arrive : Stromae entre en scène ! De mémoire de Main Square Festival, on n’avait jamais vu un public se concentrer autant devant la Main Stage. Toutes les artères de la citadelle sont quasi désertes, même l’espace VIP d’ordinaire très fréquenté est vide. Sous les chapiteaux dédiés aux ventes de nourriture et de boisson, pas plus de monde, on verra même des vendeuses chanter et danser sur les tubes de Stromae !

Dès les premières notes, le Belge fait monter l’ambiance, et après deux titres passés en fond de scène, il s’approche du bord sous les cris de bonheur et de délire du public : « Ca va vous ? La famille ? Et le foot ? » Après la référence aux défaites des Français et des Belges, Stromae se met à courir, ou plutôt à bondir, d’un extrême à l’autre de la scène. Le public saute sur place pour essayer de l’accompagner. Le concert continuera sur ce niveau d’intensité pendant près d’1h30, pour le plus grand plaisir des spectateurs de ce Main Square Festival sur les visages desquels on pourra lire le contentement total dès les dernières notes envolées.

stromae.net

Pour ceux à qui il reste quelques forces, les Anglais de Foals enchaînent directement sur l’autre scène. Toujours aussi fascinant, il ne faudra que quelques titres au groupe pour redonner de l’énergie au public qui se remet à bondir dans tous les sens et à danser sur les guitares sautillantes du groupe. On admirera particulièrement le charisme du tout petit (par la taille) Yannis Philippakis, chanteur du groupe, qui n’a besoin de rien faire d’autre que de s’approcher du bord de scène pour faire réagir les spectateurs. En cela, il nous rappelle un peu Prince, toute référence musicale mise à part.

Il est passé minuit quand les Foals sortent de scène. Il est temps pour nous d’abandonner les festivaliers les plus courageux aux sets électroniques de Paul Kalbrenner et Disclosure.

foals.co.uk

paulkalkbrenner.net

disclosureofficial.com

Rendez-vous ce dimanche pour la fin du Main Square Festival !

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