C’est parti pour cette 2ème journée de Main Square Festival, ou plutôt la première vraie journée après un jeudi réservé aux fans de metal. L’ambiance est un peu particulière en ce jour qui est aussi celui du quart de finale France – Allemagne de la coupe du monde de foot. Beaucoup de spectateurs sont maquillés aux couleurs de la France et on voit des drapeaux flotter ici ou là. Entre deux concerts, on entendra même retentir plusieurs fois la Marseillaise.

Le premier concert est celui de Desert Pocket Mouse. Venus de Lens,  ce sont deux frères qui ont créé ce groupe en 2012, constitué d’eux deux uniquement, et atteignent ici une première consécration en étant l’un des trois groupes régionaux à gagner le tremplin du Main Square Festival. L’occasion d’élargir leur notoriété, déjà ancrée localement auprès des étudiants. Ils qualifient leur musique de « Blues garage rock ».  On pense très vite aux Black Keys qui seront sur scène plus tard dans la soirée. On pense aussi au duo Klink Clock qui s’était révélé l’an passé dans le cadre du même tremplin, avant de sillonner la France en première partie d’Indochine. On souhaite donc à ce duo la même réussite.

www.facebook.com/DesertPocketMouse

Puis vient le tour de Triggerfinger, trio belge attendu par le public déjà massé en nombre devant la scène principale. La mise en scène du groupe est sobre mais leur énergie est extrêmement communicative. Dès l’attaque du deuxième morceau, on sent bien que le public est acquis à la cause du groupe. On tient là assurément la révélation rock de la journée, même si le groupe est loin d’être novice et que leur leader Ruben Block rappellera fort à propos que c’est déjà leur 2ème passage au Main Square Festival.

www.triggerfinger.net

On enchaîne vite avec Twenty One Pilots. En attendant le démarrage, le public scande « allez les bleus », il est 18h et le match de l’équipe de France démarre. Sur scène, quelqu’un se met à accompagner le public au ukulélé. Puis le duo apparaît sur scène, chacun portant un masque, ou plutôt une sorte de cagoule intégrale. Ceux qui dormaient dans l’herbe se lèvent, pas de doute, tout le monde est désormais réveillé, et les fans du groupe chantent à l’unisson des textes qui connaissent visiblement par coeur. Pas de doute, les Twenty One Pilots marquent un autre temps fort de cette journée, quelque part entre électro et hip hop.

www.twentyonepilots.com

Viennent alors ceux que beaucoup des spectateurs attendent : les Américains de Imagine Dragons. Le show est à la mesure des attentes du public et Dan Reynolds, le chanteur du groupe, passe son temps à faire l’essuie-glace de gauche à droite de la scène pour haranguer la foule qui semblait ne pas en demander autant pour crier et manifester sa joie d’être là. On sent une vraie communication entre la scène et le public, l’ambiance et bon-enfant tandis que le ciel, lui, se fait de plus en plus menaçant.

www.imaginedragonsmusic.com

Pendant ce temps, côté jardin, ou plutôt côté Greenroom, les Bombay Bicycle Club se font attendre. Comme par hasard, on est à la fin du match France-Allemagne sur lequel tout le monde essaie d’avoir des infos (« plus que 10 minutes » – « toujours 1-0 pour l’Allemagne » – « 4 minutes d’arrêts de jeu » – « c’est mort on a perdu »), et comme par hasard, à la seconde où le match se termine, le groupe arrive sur scène. Bombay Bicycle Club fans de football ? En tout cas, est-ce pour pleurer la défaite de la France ou pour sanctionner le quart d’heure de retard du groupe, la pluie se met à tomber dès les premières secondes du premier morceau. En l’espace d’un titre, c’est un énorme orage qui s’abat sur Arras ! Mais cela n’a pas d’emprise sur le public qui reste présent. On aperçoit des gens en maillots de bains, des parapluies et des ponchos colorés. Le public oublie sa défaite sous une grande douche purifiante et le folk rock intelligent du groupe.

bombaybicycleclubmusic.com

Premier « gros morceau » de la soirée, Franz Ferdinand entre sur la grande scène sous une pluie battante. Là aussi le public semble à peine s’en apercevoir. Grosse ambiance, le groupe était manifestement très attendu et ça sautille un peu partout dans les dix premiers mètres devant la scène. Les Franz Ferdinand, en presque vieux briscards, maîtrisent parfaitement leur show. Un peu trop sans doute et on regrettera le manque de communication avec le public.

www.franzferdinand.com

On passera rapidement sur le concert d’Anna Calvi qui ne nous a pas vraiment marqué, là encore un peu trop maîtrisé. Le public trempé jusqu’aux os avait manifestement besoin de récupérer un peu avant la suite de la soirée.

annacalvi.com

Et si l’on parle de manque de communication avec le public, que dire de la prestation de The Black Keys ? Sinon qu’elle fût fort décevante ? Que la grande scène semblait grande pour le duo américain qui connaît un énorme succès depuis l’album Brother. On retiendra tout de même quelques titres très efficaces en live, notamment le single actuel Fever, qui lui semble avoir été taillé pour les stades et les festivals.

www.theblackkeys.com

La nuit continue avec WoodKid et son énorme show côté Greenroom. Là encore un public nombreux ayant pris fait et cause pour le Français s’est massé en rangs serrés devant la scène. Woodkid fait son entrée devant un écran géant placé en arrière scène. Intérieur de cathédrale, percussions, cuivres, lumières blanches, le spectacle est grandiloquent, au bon sens du terme, un peu mystique parfois.

www.woodkid.com

Nous laisserons là cette 2ème journée de Main Square Festival, laissant Skrillex et Gesaffelstein clore la soirée, tandis que nous rentrons nous préparer pour le jour 3 !

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